1 230 euros de congés payés non pris, voilà ce que certains découvrent sur leur dernier bulletin de salaire après une démission. Le chiffre surprend, parfois il rassure, souvent il questionne. Quand le moment de quitter son poste approche, une inquiétude persiste : les jours de congé non utilisés s’envolent-ils avec le contrat, ou bien restent-ils un droit tangible, dûment monnayé ?
Congés payés et démission : ce que dit la loi
Au moment où la démission est notifiée, la question du sort des congés payés non pris s’impose rapidement. Sur ce point, la loi française ne laisse guère de place à l’improvisation. Le Code du travail oblige chaque employeur à régler la totalité des droits acquis dès la rupture du contrat. En d’autres termes : les congés accumulés, jamais posés, ne s’effacent pas d’un trait.
Cette règle s’applique à tous, CDI comme CDD, sans considération d’ancienneté. Les droits du salarié sont préservés, peu importe qu’il effectue ou non son préavis. Seule exception à la règle : la faute lourde, qui reste rare, peut priver du versement de l’indemnité de congés payés.
Durant le préavis, il est possible que l’employeur impose la prise de certains congés restants, à condition d’en informer le salarié suffisamment tôt. Cela dit, ce scénario reste minoritaire. Le plus courant ? Le salarié honore son préavis, puis perçoit l’indemnité pour les jours non pris avec son solde de tout compte.
Voici ce que prévoit la réglementation :
- Le salarié perçoit une indemnité pour chaque jour de congé acquis et non utilisé au moment du départ.
- Le montant exact doit être mentionné à la fois sur la fiche de paie et sur le solde de tout compte.
- En cas de contestation, il est possible de saisir le conseil de prud’hommes.
La gestion des congés payés lors d’une démission repose donc sur des règles précises, pensées pour garantir la protection du salarié tout en évitant les incertitudes pour l’employeur.
Que deviennent vos congés non pris lorsque vous quittez l’entreprise ?
Au seuil du départ, beaucoup se demandent si les congés payés non utilisés vont disparaître avec la fin du contrat. La réponse est sans ambiguïté : la loi impose à l’employeur de calculer le solde des jours restants et de verser une indemnité compensatrice.
Aucune option, aucune négociation possible : le paiement est automatique, que le contrat prenne fin par démission, licenciement ou expiration d’un CDD. Sur le dernier bulletin de salaire, la mention “indemnité compensatrice de congés payés” apparaît distinctement. Cette somme s’ajoute au solde de tout compte, marquant la clôture officielle de la relation de travail. Le salarié n’a aucune démarche à entreprendre : tout se déroule de façon systématique, sur la base des jours acquis et non posés à la date de départ.
L’employeur ne peut pas passer outre, même si les congés n’ont pas été pris avant la fin du contrat. L’indemnité couvre chaque jour dû. Seule la faute lourde, cas rare, fait exception à cette règle générale. D’un point de vue pratique et juridique, la rupture du contrat ne fait pas disparaître les droits à congés. Ce principe est solidement ancré dans la jurisprudence.
Pour résumer les points clés :
- Le versement de l’indemnité compensatrice est automatique et sans condition.
- Le montant figure toujours sur le solde de tout compte.
- Les congés non pris restent dus, sauf en cas de faute lourde avérée.
Indemnité compensatrice : comment sont calculés les congés payés lors d’une démission
Au moment du départ, le calcul de l’indemnité compensatrice de congés payés se base sur des règles bien établies. L’employeur doit déterminer le nombre exact de jours de congé acquis mais non utilisés à la date de fin du contrat, puis appliquer la formule la plus favorable au salarié, comme le prévoit le Code du travail.
Deux méthodes existent pour ce calcul. La première, dite “du dixième”, consiste à attribuer 10 % de la rémunération brute obtenue pendant la période de référence. La seconde, appelée “du maintien de salaire”, prend comme base ce que le salarié aurait touché s’il avait effectivement pris ses congés sur la période. Seule la méthode la plus avantageuse doit être retenue.
Voici comment s’organisent ces calculs :
- Indemnité compensatrice de congés payés : calculée à partir des jours acquis et non pris.
- Méthode du dixième : 10 % de la rémunération brute annuelle sur la période de référence.
- Méthode du maintien de salaire : montant équivalent au salaire qui aurait été versé pendant les congés.
Précision utile : cette indemnité est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales, tout comme un salaire classique. Les droits accumulés sur un compte épargne temps peuvent aussi donner lieu à un versement distinct, selon les accords d’entreprise. Chaque montant doit être clairement affiché sur la fiche de paie et le solde de tout compte, sans exception.
Éviter les erreurs courantes pour préserver vos droits en fin de contrat
À chaque étape, rupture du contrat, notification de la démission, préavis, il est facile de commettre des erreurs qui coûtent cher. Certains oublient d’anticiper le report de congés payés, d’autres se trompent sur la durée de leur préavis, et quelques jours de repos finissent par disparaître. Une attention particulière s’impose en cas de congé maternité, d’arrêt maladie ou d’accident du travail, car ces situations peuvent suspendre le préavis et influencer le décompte des droits.
Pour éviter les mauvaises surprises, il faut vérifier que le solde de tout compte inclut bien tous les jours de congé non posés, y compris ceux acquis pendant un arrêt maladie ou une absence liée à une maladie professionnelle. La jurisprudence donne souvent raison au salarié en cas de litige, notamment si une faute lourde de l’employeur est établie ou dans des circonstances exceptionnelles. Si le différend persiste, la voie des prud’hommes reste ouverte.
Avant de partir, prenez le temps de :
- Contrôler le calcul précis de vos congés restants dès la notification de votre démission.
- Demander un relevé complet qui inclut RTT et jours reportés.
- Vérifier ce que prévoit la convention collective pour repérer d’éventuelles règles plus favorables.
Une simple erreur sur la période de référence ou l’oubli d’un arrêt maladie peut faire disparaître plusieurs jours de congé. Mieux vaut donc interroger le service paie, demander des justificatifs détaillés et conserver toutes les preuves écrites. Si le dialogue avec l’employeur s’enlise, la justice prud’homale peut trancher en dernier recours. Quitter une entreprise ne signifie pas tourner la page sur ses droits, rester attentif, c’est éviter de laisser filer ce qui vous revient.

